Exposition de deux travailleurs lors d’un chantier de radiographie industrielle
Le 24 octobre 2025, la société Institut de soudure (IS) a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pour son agence de Grande-Synthe un événement significatif dans le domaine de la radioprotection survenu à Bruges en Belgique et portant sur l’exposition non maîtrisée de deux de ses salariés et le dépassement du quart de la dose réglementaire annuelle pour le corps entier pour l’un d’eux.
L’événement s’est déroulé le 22 octobre à Bruges, en Belgique, lors d’un chantier de radiographie industrielle sur un site industriel mettant en œuvre un appareil électrique émetteur de rayonnements ionisants (AERX) pour le contrôle de soudures. Compte tenu du débit de dose important que ces appareils peuvent délivrer, le risque d’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants est l’un des principaux enjeux de ce type d’activité. Les travailleurs susceptibles d’être exposés aux rayonnements ionisants font l’objet d’un suivi dosimétrique et médical. La réglementation fixe, pour un travailleur, la valeur limite d’exposition pour le corps entier à 20 millisieverts (mSv) sur douze mois consécutifs.
Les deux salariés de IS se sont approchés de leur appareil alors qu’il était toujours en fonctionnement à leur insu. Ils y sont restés plusieurs minutes dans le cadre de leur activité avant de constater l’anomalie et ont été exposés durant cet intervalle aux rayonnements émis par l’appareil. L’estimation de la dose reçue au moyen de leurs dosimètres à lecture différée a établi pour l’un d’entre eux un dépassement du quart de la limite de dose réglementaire annuelle de 20 mSv.
Dès la détection de l’événement, l’entreprise a décidé de suspendre pour ces travailleurs les missions comportant un risque d’exposition aux rayonnements ionisants. Elle a également réalisé une reconstitution simulée permettant de récolter les informations nécessaires à l’analyse, et de corroborer les données dosimétriques de l’évènement.
Enfin, l’évènement survenu en Belgique a été déclaré à l’agence fédérale de contrôle du nucléaire (AFCN) qui a réalisé une inspection sur les lieux. L’ASNR et l’AFCN partagent leurs informations sur les suites à donner à cet évènement.
Cet événement ne présente pas de conséquences sanitaires avérées pour les travailleurs concernés. Toutefois, en raison du dépassement du quart d’une limite réglementaire annuelle d’exposition pour l’un des travailleurs, l’ASNR classe cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).
L’analyse se poursuit dans le but d’identifier les facteurs techniques, organisationnels et humains ayant conduit à l’événement. L’ASNR accordera une attention particulière aux conclusions et aux dispositions prises par l’employeur pour éviter le renouvellement de toute situation incidentelle similaire.
Date de la dernière mise à jour : 03/11/2025
Classement de l’incident (INES)
Niveau 1
Anomalie